peut‑on vivre avec un cœur de porc?
Les organes des porcs sont très semblables aux nôtres, ce qui en fait une source de greffes potentielles très intéressante pour la communauté scientifique. Mais dans quelle mesure la transplantation d’un cœur de porc à la place d’un cœur humain est‑elle réalisable? Jusqu’à présent, ces transplantations ont principalement échoué car l’organisme des patients rejetait rapidement l’organe animal. Grâce aux nouveaux outils d’édition génomique, les problèmes liés aux transplantations cardiaques entre porcs et humains pourraient n’être qu’un lointain souvenir.
Un moment décisif pour les transplantations de l’animal à l’homme
Le 7 janvier dernier, des chirurgiens de l’université de médecine du Maryland, aux États‑Unis, ont mis sept heures pour implanter avec succès un cœur de porc génétiquement modifié chez un patient humain. Le matin même, ils ont retiré le cœur du porc et l’ont placé dans une machine spéciale pour le préserver. Cette première mondiale a montré qu’un cœur animal peut survivre chez un être humain sans être immédiatement rejeté. L’école de médecine de l’université du Maryland (UMSOM) a publié une courte vidéo YouTube graphique de l’intervention. David Bennett, un homme à tout faire du Maryland, âgé de 57 ans, et atteint d’une maladie cardiaque en phase terminale, n’avait plus le choix. «Soit je mourais, soit j’acceptais cette transplantation. Je veux vivre. Je sais que les chances de réussite sont faibles, mais c’est ma dernière option», a‑t‑il expliqué dans un communiqué de presse de l’UMSOM. «J’ai hâte de quitter ce lit après ma guérison.» Sa déclaration a été faite un jour avant l’intervention. À la mi‑janvier, son état reste stable, mais il est trop tôt pour affirmer si l’opération sera une réussite. Les prochaines semaines seront décisives. Il fait l’objet d’une surveillance étroite pour déterminer comment le nouvel organe se comporte. Si cette opération novatrice est couronnée de succès, les organes de porc pourraient contribuer à remédier à la pénurie d’organes de donneurs. «Il s’agit d’une intervention chirurgicale révolutionnaire qui nous rapproche un peu plus de la résolution de la crise de la pénurie d’organes», a commenté le Dr Bartley P. Griffith, qui a procédé à la transplantation du cœur de porc, dans le même communiqué. «Nous avançons avec prudence, mais nous sommes également optimistes quant au fait que cette première intervention chirurgicale au monde offrira, à l’avenir, une nouvelle alternative importante aux patients.» En 2020, près de 21 patients en attente d’une greffe d’organe ont trouvé la mort chaque jour en Europe. «C’est l’aboutissement d’années de recherches très compliquées pour affiner cette technique chez l’animal avec des durées de survie s’élevant à plus de neuf mois», a déclaré le Dr Muhammad Mohiuddin, directeur scientifique/du programme de xénogreffe cardiaque de l’Université du Maryland. «Cette intervention réussie a permis de fournir des informations précieuses pour aider la communauté médicale à améliorer cette méthode potentiellement salvatrice pour les futurs patients.»
Le miracle de la science, une réalité qui sauve des vies
«Si cela fonctionne, il y aura un approvisionnement infini de ces organes pour les patients en souffrance», a déclaré Muhammad Mohiuddin à «Associated Press». «C’est déterminant pour mon père… pour le monde entier», a déclaré le fils du patient, David Bennett Jr, à «Reuters». «C’est révolutionnaire, c’est remarquable, et franchement, c’est un miracle. J’ai moi‑même des problèmes cardiaques à 37 ans, alors mon père est certainement en train de changer l’avenir, y compris pour moi.»
Mots‑clés
cœur, transplantation, intervention chirurgicale, porc, organe